27 juin 2008
] La Rose et le Papillon [
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Que l'Amour timide et perplexe
Laisse son corset puritain,
Qu'il libère sans complexe
Pour jouir comme un libertin
Viens aux pétales de mon sexe,
A son clitoris de satin
A sa douce fente convexe,
Butiner le suc opalin.
Puisque dressée en un réflexe,
Ta trompe, papillon lutin,
Baise ma bouche circonflexe
Et la fait boire à son festin
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] Marie-France Guerrier [
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25 juin 2008
...L' Amitié
Alceste : Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
Philinte : Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie,
Il faut bien le payer de la même monnoie,
Répondre, comme on peut, à ses empressements,
Et rendre offre pour offre, et serments pour serments.
Alceste : Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode
Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode ;
Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d'embrassades frivoles,
Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles,
Qui de civilités avec tous font combat,
Et traitent du même air l'honnête homme, et le fat.
Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse ?
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu'au premier faquin, il court en faire autant ?
Non, non il n'est point d'âme un peu bien située
Qui veuille d'une estime ainsi prostituée ;
Et la plus glorieuse a des régals peu chers
Dès qu'on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers :
Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.
Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps,
Morbleu ! vous n'êtes pas pour être de mes gens;
Je refuse d'un cœur la vaste complaisance
Qui ne fait de mérite aucune différence ;
Je veux qu'on me distingue; et, pour le trancher net,
L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.
Philinte : Mais, quand on est du monde. il faut bien que l'on rende
Quelques dehors civils que l'usage demande.
Alceste : Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
Ce commerce honteux de semblants d'amitié.
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments.
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MOLIÈRE, Le Misanthrope (1666), Acte I, scène 1, vers 33-70
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23 juin 2008
Put it on
/ And don't say a word
Put it on
/ The one that i prefer
Put it on
/ And stand before my eyes
Put it on
/ please don't question why
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] Blue dress [
D.Mode
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18 juin 2008
] Sweet intuition_Björk [
Close your eyes
listen closely
all that you've learnt
try to forget it fuck logic ...
Fuck logic
Bravo to instinct
And sweet intuition
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All that you've learnt...Try to forget it.
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15 juin 2008
Petite fille, j' avais un ami, qui m' a enseigné l' Immortalité - mais s' étant aventuré trop près, lui-même, - il n' est jamais revenu - (...)
(...) J' ai peur que mon conte ne vous lasse - je voudrais apprendre - Pourriez-vous me dire comment grandir - ou est-ce intransmissible - comme la Mélodie ou la Magie ?
] Emily Dickinson: Extrait de la Lettre à Thomas W. Higginson, 25 avril 1862 [
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13 juin 2008
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L'Aube a Su La Lune entendre...
Nobody Knows.
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09 juin 2008
] Je ferai comme...[
Que ferais-je sans ce monde sans visage
sans questions
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette onde où à la fin
Corps et Ombre ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce Silence
Gouffre des murmures
Haletant furieux vers le secours vers l'Amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je
Je ferais comme hier comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix
Parmi les voix enfermées avec moi ..
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Samuel Beckett
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03 juin 2008
Tu m'as parlé de vice en ta lettre d'hier
Le vice n'entre pas dans les amours sublimes
Il n'est plus qu'un grain de sable dans la mer
Un seul grain descendant dans les glauques abîmes
Nous pouvons faire agir l'imagination
Faire danser nos sens sur les débris du monde
Nous énerver jusqu'à l'exaspération
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde
Nous pouvons défier la mort et son destin
Quand nos dents claqueront en claquement panique
Nous pouvons appeler soir ce qu'on dit matin
Tu peux déifier ma volonté sauvage
Tu peux me prosterner comme vers un autel
Devant ta croupe qu'ensenglantera ma rage
Nos amours resteront purs comme un beau ciel
Qu'importe qu'essoufflés muets bouches ouvertes
Ainsi que de canons tombés de leur affût
Brisés de trop s'aimer nos corps restent inertes
Notre amour restera bien toujours ce qu'il fût
Ennoblissons mon coeur l'imagination
La pauvre humanité bien souvent n'en a guère
Le vice en tout cela n'est qu'une illusion
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires
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] Guillaume Apollinaire [
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01 juin 2008
Le mois de juin est autrement gracieux. En juin, les jours sont longs et blonds comme les nubiles scandinaves aux seins mouillés qui rient dans la vague jusqu’à la minuit. En juin, au marché des pêcheurs, on ne se piétine pas encore : on flâne. Derrière le port, la tomate-cerise est pour rien à l’étalage de la maraîchine. On la croque au sel sur le sable avec une branche de basilic et un verre de vin blanc de Brem glacé.
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] Chroniques de la Haine ordinaire [
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24 mai 2008
Jésus m' a prise en levrette...
Jésus m’a prise en levrette
Sur la banquette arrière
D’une mini fourgonnette
C’était divin, c’était mystique
Surtout lorsqu’il épongea ma cyprine
Avec sa barbe christique
Puissante et miséricordieuse
J’ai alors épinglé mon numéro
À sa couronne d’épines
« Je te rappelle, bébé »
M’a-t-il dit en remontant son pagne
Ce que le lendemain, oh miracle ! il fit
Prouvant ainsi qu’il est bien
Le fils de l’homme, le Messie
« Hier soir, c’était vraiment bien »
Me susurra-t-il en araméen
« Je craque pour les femmes
Bonnes à lapider
Fétichistes, laveuses de pieds
Adultères et pécheresses
Que fais-tu dimanche, après la messe ? »
Puisque le rédempteur était marié
Le royaume des cieux m’était interdit
Je dus me contenter de sa Windstar
Et du parking de l’église Saint-Elzéar
Où chaque jour du seigneur
La messe fut dite, stigmates aux fesses
Et petites culottes aux chevilles
« Partons avec ta sainte familiale »
Lui suggérai-je un jour, éperdue d’amour
Quitte ta femme, allons à Vegas
Pour qu’un sosie du roi des rois
Célèbre nos noces de Cana
Une bible dans la main et dans l’autre
Un banana-peanut butter sandwich
« Je ne peux abandonner les enfants de Dieu »
Me répondit-il en essuyant son auréole
« Ma femme se doute de quelque chose
Elle veut des vacances à Niagara Falls
Un lit de satin en forme de sacré-cœur
Des orgasmes simulés et un buffet de crêpes
Multipliées pour le petit déjeuner »
Après l’avoir apostasié
Crucifiée seule dans mon lit
Privée de son corps de son sang
Livrée à moi-même
En rémission de mes péchés
Je rêve d’un amour miséricordieux
Sans couronne d’épines
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] Poésie licencieuse extraite des cahiers d' Anne Archet (http://archet.net/) [









