04 août 2008
] Errances [
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Mettre au grand jour,
Eclairer l'alcôve
Donner la lueur, à nos ardeurs
D’un après midi secret
Je réprouve cette morale
Qui désapprouve mes actes.
Des plaisirs éternels,
De l'unique sourire magique
De la chair
De l'extase qui désaxe
Les convenances, qui abuse
Qui use de l’insoumission
Des mains interdites,
Des glissements improbables
Naissent mes plus belles ballades.
Je finis par aimer ces longs silences
Ces errances cérébrales
Elles aiguisent mon imagination
Elles m’obligent, elles contraignent,
L’esprit, trouver une autre route,
Une autre folie, éphémère,
Le temps d’un rêve
De mes journées solitaires.
*
Louise Gabriel
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25 juin 2008
...L' Amitié
Alceste : Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
Philinte : Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie,
Il faut bien le payer de la même monnoie,
Répondre, comme on peut, à ses empressements,
Et rendre offre pour offre, et serments pour serments.
Alceste : Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode
Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode ;
Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d'embrassades frivoles,
Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles,
Qui de civilités avec tous font combat,
Et traitent du même air l'honnête homme, et le fat.
Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse ?
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu'au premier faquin, il court en faire autant ?
Non, non il n'est point d'âme un peu bien située
Qui veuille d'une estime ainsi prostituée ;
Et la plus glorieuse a des régals peu chers
Dès qu'on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers :
Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.
Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps,
Morbleu ! vous n'êtes pas pour être de mes gens;
Je refuse d'un cœur la vaste complaisance
Qui ne fait de mérite aucune différence ;
Je veux qu'on me distingue; et, pour le trancher net,
L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.
Philinte : Mais, quand on est du monde. il faut bien que l'on rende
Quelques dehors civils que l'usage demande.
Alceste : Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
Ce commerce honteux de semblants d'amitié.
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments.
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MOLIÈRE, Le Misanthrope (1666), Acte I, scène 1, vers 33-70
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09 juin 2008
] Je ferai comme...[
Que ferais-je sans ce monde sans visage
sans questions
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette onde où à la fin
Corps et Ombre ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce Silence
Gouffre des murmures
Haletant furieux vers le secours vers l'Amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je
Je ferais comme hier comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix
Parmi les voix enfermées avec moi ..
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Samuel Beckett
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03 juin 2008
Tu m'as parlé de vice en ta lettre d'hier
Le vice n'entre pas dans les amours sublimes
Il n'est plus qu'un grain de sable dans la mer
Un seul grain descendant dans les glauques abîmes
Nous pouvons faire agir l'imagination
Faire danser nos sens sur les débris du monde
Nous énerver jusqu'à l'exaspération
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde
Nous pouvons défier la mort et son destin
Quand nos dents claqueront en claquement panique
Nous pouvons appeler soir ce qu'on dit matin
Tu peux déifier ma volonté sauvage
Tu peux me prosterner comme vers un autel
Devant ta croupe qu'ensenglantera ma rage
Nos amours resteront purs comme un beau ciel
Qu'importe qu'essoufflés muets bouches ouvertes
Ainsi que de canons tombés de leur affût
Brisés de trop s'aimer nos corps restent inertes
Notre amour restera bien toujours ce qu'il fût
Ennoblissons mon coeur l'imagination
La pauvre humanité bien souvent n'en a guère
Le vice en tout cela n'est qu'une illusion
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires
*
] Guillaume Apollinaire [
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18 mai 2008
Il faut avoir le courage de plonger dans les contes de fées.
Croire en Perrault et Grimm comme on croit en Dieu et au Père Noël.
Croire en l’Amour et au Bonheur, au partage des richesses et en la justice universelle, au gouvernement mondial, en la Résurrection de la chair et en l’Immortalité de l’âme.
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Et aux ogres.
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] F. Beigbeder. [
Au secours Pardon
11 mai 2008
LI
Ma venue ne fut d'aucun profit
pour la sphère céleste ;
Mon départ ne diminuera ni sa beauté
ni sa grandeur ;
Mes oreilles n'ont jamais entendu
dire par personne
Le pourquoi de cette venue et celui de ce départ.
LII
Nous serons effacés du chemin de l'amour ;
Le destin nous broiera sous ses talons ;
Ô porte-coupe au doux visage, quitte
ta pose paresseuse...
Donne-moi de l'eau, car je deviendrai
de la poussière.
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Omar Khayyam - Quatrains - Ed. Mille et une nuits
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07 avril 2008
] ... [
" Comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles..."
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] Flaubert [
24 mars 2008
] Boissy & Breuker [
Pourquoi ce sourire ?
Parce que c’est mieux
Et pourquoi rire ?
Cela vaut mieux
Pourquoi aimer ?
Parce que c’est mieux
Pourquoi sourire ?
Pour être là
Et pourquoi vivre ?
Parce que c’est mieux
Mais mieux que quoi ?
Que de ne pas...
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14 février 2008
] Hugo [
Je ne suis Rien, je le sais,
mais je compose mon Rien
avec un petit morceau de Tout.
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03 janvier 2008
Lettre à D. Histoire d' un amour_ André Gorz
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Mais rien de tout cela ne peut rendre compte du lien invisible par lequel nous nous sommes sentis unis dès le début. Nous avions beau être profondément dissemblables, je n'en sentais pas moins que quelque chose de fondamental nous était commun, une sorte de blessure originaire - tout à l'heure je parlais d'"expérience fondatrice" : l'expérience de l'insécurité. La nature de celle-ci n'était pas la même chez toi et chez moi. Peu importe : pour toi comme pour moi elle signifiait que nous n'avions pas dans le monde une place assurée. Nous n'aurions que celle que nous ferions. Nous avions à assumer notre autonomie et je découvrirais par la suite que tu y étais mieux préparée que moi.
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] Photo: John Carr [
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